Samanta, alias Sami nous l’avons rencontré sur une île du golf de Thaïlande,  Koh Phangan, l’île de cristal. Une énergie magique se dégage de cet endroit magnifique et ce n’est pas étonnant que notre chemin ait croisé celui de cette femme lumineuse et inspirante. Son look néo-hippie, dreadlocks, tatouages et piercing a de quoi intriguer, mais c’est surtout son parcours de vie qui nous a interpellé. Mi-sauvage, mi-yogi, voici le parcours d’une femme intrépide et courageuse.

« Regarder le monde, voir les dangers à venir, voir au delà des murs, se rapprocher et toucher du doigt, se trouver et ressentir. C’est le but de la vie. « 
Slogan Life, extrait de la vie rêvée de Walter Mitty

Qui es-tu ? Présente-toi en quelques mots. 

Je m’appelle Samanta, j’ai 29 ans. Je suis née en Espagne sur la cote est. N’ayant pas été scolarisé avant le CP,  j’ai eu l’occasion de voyager entre l’Espagne et la France durant toute mon enfance. Lorsque j’ai commencé ma scolarité, je me suis installée à Marseille, ou j’ai grandi et fait mes études.

Quel type de voyageuse es-tu ?

Je suis une voyageuse libre, autonome, aventurière et imprévisible.

Quand est-ce que tu as commencé à voyager?

J’ai toujours aimé voyager. Mon enfance entre l’Espagne et la France m’a donné le goût du voyage. Par la suite, j’ai eu l’occasion de faire des courts séjours en Europe. En février 2014, j’ai rejoint ma meilleure amie en Californie, c’était la première fois que je partais si loin. À cette époque-là, j’étais encore en mode valise à roulettes et shopping à gogo.

Puis, en janvier 2015,  je m’envole enfin pour la première fois en Asie avec mes 2 meilleures amies pour 5 mois. C’était mon premier voyage en sac à dos.

Pourquoi as-tu entrepris ce voyage ?

Je voulais voyager depuis toujours. Déjà, à 18 ans, je rêvais de partir en Australie, mais j’en avais peur. J’attendais que quelqu’un veuille partir avec moi. Un jour, l’appel du voyage était trop fort. Il n’était plus possible de l’ignorer. À cette époque, je vivais une sorte de dépression, j’avais un vide en moi et j’étais en crise identitaire. J’avais besoin de partir. Je bouillonnais d’aventure !

Quelles étaient tes craintes avant de partir ?

Ma plus grosse crainte était de réussir à prendre la décision de partir. Une fois cette décision prise, mes craintes s’étaient dissipées . J’avais des craintes financières également. Trois mois avant mon départ, j’avais juste de quoi acheter mon billet d’avion.  J’ai dû trouver des solutions rapidement pour épargner suffisamment d’argent pour tenir cinq mois en Asie.

Qu’est ce qui t’a poussé à franchir le cap, tes motivations ?

Je travaillais depuis deux ans chez  KIKO ( Marque de cosmétiques italienne, NDLR), mais mes ambitions professionnelles n’étaient pas satisfaites.  Je me sentais coincée entre mon besoin de tout quitter et mon envie d’évoluer professionnellement.

J’étais tellement en colère à cette période de ma vie , contre tout. Cette colère m’a rongée, et a commencé à impacter  mon entourage également . À cet instant,  je me suis dit c’est le moment de partir, de répondre à l’appel du large.

Ce que tu imaginais avant de partir était-il en accord avec la réalité sur place ?

Je n’avais pas trop d’attentes, car l’inconnu m’excitait déjà. Avant de partir, je pressentais déjà au fond de moi  que ce ne serait peut-être pas un simple voyage, mais un futur choix de vie. En effet, à l’instant où j’ai posé le pied sur le continent asiatique,  cette sensation m’a envahie. Aujourd’hui , trois ans après c’est devenu mon choix de vie.

Mais, mon évolution personnelle fulgurante, je ne l’avais pas vue venir. Il y a toujours des surprises incroyables.

Quelle expérience en voyage t’a réellement marquée ?

Ou la la,  il y en a tellement !

Ma première expérience marquante a eu lieu lorsque j’étais dans le nord de la Thaïlande à la découverte des temples bouddhistes. Je me suis retrouvé par hasard dans un temple authentique, pas du tout touristique. Je me suis mise à genoux et j’ai commencé à prier. Il n’y avait que moi et un moine. Silencieuse, et concentrée dans ma prière, je ressentais au fond de moi, un profond respect pour mon environnement. Soudain, un bruit mécanique vient perturber ma contemplation. J’ouvre les yeux et je surprends le moine en train de me photographier. Choquée, je n’avais pas imaginé une seule seconde que la technologie viendrait se mêler à ce lieu sacré.   Bon ! ça, c’était la petite anecdote drôle.

En Inde, j’effectuais mon premier voyage en train, expérience très folklorique, car je n’avais pas réservé de siège. Après 30h de train,  je fais un transit dans une gare pour prendre la correspondance suivante. Il faisait très chaud. Je marchais sous un soleil de plomb à la recherche d’un peu d’ombre. Tout à ma promenade, je croise un mendiant, sans domicile fixe vivant dans un petit coin de bidonville. On se sourit.  Il  ne parlait pas anglais. Je le suis du regard alors qu’il s’éloigne. Plusieurs minutes plus tard,  il revient avec une bouteille d’eau fraîche qu’il m’avait achetée avec son salaire de la journée. Et la waouh…le mot gratitude est faible pour décrire ce que j’ai ressenti !

As-tu déjà trouvé l’amour en voyageant ?

En 2015 , lors de mon premier voyage en sac à dos en Asie , j’avais rencontré avant mon départ, un voyageur vivant à Marseille.  Il m’a rejoins deux mois avant mon retour en France.  Nous sommes rentrés ensemble, et durant un an nous avons préparé en tant que couple notre départ définitif. Mais, nous nous sommes séparés deux mois avant le grand départ.

Depuis, je voyage en tant que célibataire bien que j’ai vécu quelques petites amourettes intenses.  Eh oui bien sûr que l’amour se trouve en voyageant. Déjà, je l’ai trouvé en moi et depuis je le vois et le vis tout le temps autour de moi. L’amour est partout si on est ouvert. D’ailleurs, si l’on donne de l’amour, on en reçoit en permanence.

Penses-tu que le voyage soit compatible avec le fait de fonder une famille ?

Totalement!  D’ailleurs, c’est ainsi que j’envisage mon avenir. J’ai rencontré énormément de familles voyageuses.

Y a-t-il des avantages et inconvénients à voyager seule en tant que femme?

C’est tellement bon ! L’avantage principal c’est la liberté. Liberté d’être, de choisir et d’agir .

L’inconvénient d’être seule se présente dans certains pays, ou il vaut mieux être une femme forte, en alerte et prudente. Bien sûr, il ne faut pas avoir peur de la solitude.  Pour moi ce n’est pas un problème.

Qu’as-tu appris en voyageant seule ?

Tellement de choses. La liste est longue. J’ai appris à me découvrir, car le voyage nous met dans des situations que l’on ne vit pas forcément depuis sa zone de confort. J’ai découvert un potentiel insoupçonné en moi. J’ai beaucoup plus foi en la vie et en l’humain.

Mon plus beau cadeau , c’est d’être capable aujourd’hui d’entendre ma voix intérieure, mon intuition et de la suivre coûte que coûte. Les plus beaux cadeaux de la vie se trouvent souvent après une prise de risque.

Qu’as-tu appris en voyageant en couple? 

C’est la meilleure expérience que peut vivre un couple pour se découvrir et se renforcer. Ça passe ou ça casse.  Mais,  quand ça passe quoi de plus merveilleux que de contempler les plus beaux paysages dans l’amour.

Travailles-tu en même temps que tu voyages ?

J’oscille entre les deux. Je voyage et quand j’en ai  besoin,  je travaille. J’ai eu aussi quelques expériences en Workaway. ( travail de 4h à 5h par jour en échange du gîte et du couvert NDLR)  Une  expérience que je recommande vivement !

Comment finances-tu tes voyages ?

Je travaille, j’épargne puis je voyage et ainsi de suite.

As-tu fait des rencontres amicales ? Que t’ont-elles apporté ?

Elles ne se comptent même plus !La question est trop vaste pour y répondre. J’ai rencontré énormément de gens de tout horizon, de tout âge. Chaque amitié m’a apporté quelque chose d’unique. Certaines personnes m’ont apporté de la légèreté, de la joie, du fun. D’autres rencontres étaient plus intenses. Le partage s’est fait avec beaucoup de conscience , et nous a poussés mutuellement à évoluer personnellement. Ce type de rencontre m’a propulsé à un niveau de conscience supérieur.

Encore une fois, je ressens une gratitude infinie et remercie chacune d’entre elles, car elles font partie de moi et de mon chemin.

Le voyage t’a-t-il changé ? Si oui, à quel niveau ?

Radicalement !. J’ai changé à tous les niveaux, mais surtout au niveau de mon être intérieur. Je me suis tout simplement libérée du plus profond de mon être et chaque jour,  je m’exprime davantage et j’évolue sans cesse.

De plus, le fait de  voyager seule m’a aussi beaucoup aidé dans  l’expression de ma féminité et m’a apporté un grand équilibre. Un peu de folie et de la sagesse.

En tant que femme que dirais tu aux autres femmes ? Et que dirais-tu en général aux autres voyageurs?

Partez, osez,  vivez-vous pleinement ! Quand on réalise ses plus grands rêves, tous les cadeaux qui en découlent n’ont pas de prix ! Ne restez pas enfermé dans vos pensées, exprimez-les, transformez-les !

Affrontez vos démons, car la vraie liberté est celle d’être soi-même. Nous sommes nos propres bourreaux, ainsi que nos propres prisonniers.  Vous seuls détenez la clef de votre liberté.

Tout est vibration, alors vibrez haut ! Le bonheur ne se trouve pas,  il se choisit !