Ne laisse pas l’extérieur te pourrir de l’intérieur.  Actuellement au temple de Wat pa tam wua en Thailande, j’ai entrepris une retraite silencieuse de 10 jours : Une Satipppathana. Les journées sont ritualisées et encadrées par des moines bouddhistes qui m’apprennent à méditer tout en m’inculquant les valeurs de la philosophie bouddhiste. C’est une expérience incroyable qui m’a changé de l’intérieur. Le moyen le plus rapide de terminer beaucoup de choses est de faire une seule chose à la fois. Un moine répétait sans cesse :

« Concentrez-vous sur votre souffle. Respirez par le nez. Sentez-vous respirer de l’intérieur. Quand vous êtes assis, sentez que vous êtes assis. Focalisez-vous là-dessus et non sur toutes les pensées qui arrivent dans votre tête. Méditer, ce n’est pas juste fermer les yeux et attendre. Quand je vous vois, j’ai l’impression de voir des poules qui dorment, vous savez les poules qui restent à ne rien faire les yeux fermés. À vouloir faire plusieurs choses en même temps, vous n’êtes plus capable de vous recentrer sur vous. Quand vous mangez, sentez que vous mangez. Quand vous marchez, sentez que vous marchez »

Le but de cette méditation est de focaliser mon attention sur l’action de marcher. Je marche en regardant mes pieds et je réalise que c’est très rare que je me concentre sur l’action de marcher. Je dois suivre un rythme imposé par les moines, ce qui m’oblige à me concentrer sur le simple fait de marcher. Je regarde mes pieds, je les sens qui se déroulent et viennent toucher le sol à chaque pas. L’action de marcher est une chose tellement banale que je ne me rends plus compte que j’ai mis des mois à apprendre à marcher lorsque j’étais enfant. Apprendre à marcher fait partie de ton apprentissage et c’est souvent la fierté de nos parents. Pourtant à l’âge adulte, on n’y prête plus attention. Réalises-tu la chance que tu as de pouvoir marcher? Aujourd’hui, il n’y a rien d’exceptionnel pour toi dans le fait de savoir marcher, manger seul, nouer tes lacets de chaussures, t’habiller correctement n’est ce pas? Et pourtant, avant de réussir à le faire à la perfection, tu as dû apprendre durant plusieurs mois, voire années. Tu as dû persévérer malgré de nombreux échecs.

N’oublie pas que RIEN n’est acquis dans la vie.

Tu oublies ces apprentissages car autour de toi, tu es stimulé par tellement d’autres choses que les choses simples de la vie deviennent insignifiantes à tes yeux. Pourtant, si un jour tu perds l’usage de tes jambes, cela sera dramatique pour toi et tu réaliseras à quel point le simple fait de marcher était merveilleux. Je suis sûre que tu marches pour te rendre point d’un A point à un B sans vraiment réfléchir, par automatisme. Prends-tu le temps de profiter de cette promenade? Prends-tu le temps de choisir un endroit calme pour savourer ce que tu manges . As-tu le réflexe lorsque tu es énervé de te concentrer sur ta respiration pour te calmer plutôt que d’insulter le premier qui passe et déverser ton mal-être sur lui?

Dans la majorité des cas, la solution se trouve en toi mais tu ne le sais pas. Ce n’est pas que de ta faute, c’est l’environnement dans lequel tu vis qui t’influence dans ce sens.
Comment veux-tu être heureux lorsque ton environnement extérieur t’influence au point de dénaturer ton être intérieur? Les progrès technologiques et scientifiques ont énormément contribué à améliorer notre confort tout en répondant à nos besoins au point de faire de nous des assistés du système. En 2019, chacune de nos actions ou presque est menée à l’aide d’outils technologiques : Téléphone, ordinateur, calculatrice, carte bancaire etc. Tout va trop vite et trop loin. Est-il vraiment nécessaire d’utiliser à tout va un véhicule à moteur même pour faire 1 kilomètre ? T’empêchant ainsi de profiter du plaisir de marcher. Est-il utile d’inventer des robots à tout faire nous enlevant le plaisir de cuisiner tout nous-mêmes ? Qu’en est-il des applications en tous genres destinés à faciliter ton quotidien mais qui ne font que t’empêcher de réfléchir et penser par toi-même ?

Du confort extrême vers l’aliénation de ton moi intérieur.

Certes, nous avons plus de confort mais à quel prix? Et dans quel but? Pour aller plus vite ? Pour ne pas te fatiguer . Pour optimiser ton temps au maximum ? Pour te donner plus de choix? Comme celui de ne jamais apprendre à cuisiner? À faire un calcul mental? À développer ta culture générale à travers les livres? Le confort à l’extrême tue l’effort. Honnêtement, est-ce qu’on est plus heureux ? On craint l’idée qu’un jour l’intelligence artificielle s’empare du pouvoir comme dans le film « I-robot » mais on ne se rend pas compte que c’est nous qui devenons des robots. Au temple, les moines nous laissent la liberté d’utiliser internet en cas de besoin. J’essaie de limiter mon temps sur le net, même si je reste attaché à passer un peu de temps sur Facebook, je l’avoue. Je ne dénigre pas du tout ces inventions extraordinaires mais je condamne l’usage abusif qu’on en fait. Tu as sans aucun doute expérimenté plusieurs fois durant ces dernières années ce moment ou tu es devant ton ordinateur, sans savoir quoi y faire. Le regard dans le vide, tu es juste là à visionner des choses insignifiantes et pas du tout stimulantes pour passer le temps, parfois tu vas même regarder des infos négatives qui vont polluer ton esprit. Si tu veux être bien avec toi-même, commence par te détacher de tout ça et apprend à te recentrer sur toi. Je ne réalise tout ça que maintenant car je suis loin de tout. Aujourd’hui, je suis convaincue que si tu veux être bien avec toi-même, si tu veux apprendre à te connaître de l’intérieur, et ne plus souffrir futilement tu dois prendre dû recule sur ce qui t’entoure.

Libère toi de ton attachement aux biens matériels

Durant une des méditations assises, le moine a évoqué la souffrance engendrée par les possessions matérielles. Tu le sais toi-même, tu possèdes trop de bien matériels. À quel pourcentage utilises-tu réellement ta garde-robe? Je parie que tu dois porter toujours les mêmes vêtements/chaussures et pourtant tu as une ou plusieurs armoires pleines à craquer et tu continues à faire du shopping. Il est très important de se poser cette question à un moment dans sa vie : « de quoi ai-je vraiment besoin ? » . Pour cesser de souffrir, il faut se défaire de ce qui ne nous est plus utile et apprendre à donner. Nous accumulons des affaires sur des années, encombrant nos appartements de la cave jusqu’au plafond en pensant naïvement que cela nous rendra plus heureux. C’est un leurre. Apprendre à se satisfaire de peu, être minimaliste voila ce qui rend heureux, ainsi tu ne crées pas d’attachement et de dépendance à des choses dont tu n’as même pas besoin. Apprends à te focaliser sur l’essentiel: la simplicité. Tu ne seras plus esclave du confort matériel.

Aujourd’hui, le marché du bien-être est en plein essor car les gens sont malheureux . Tu veux un exemple concret . Imagine-toi en vouloir à ton supérieur pour n’importe quelle raison. Tu te prends la tête tout seul. Tu rentres chez toi avec ce bagage lourd dans ton esprit que tu traînes comme un boulet. Tu vas peut-être passer tes nerfs sur la nourriture ou sur ton conjoint. Tu prends une douche, essaie de regarder la télé pour penser à autre chose, tu finiras sûrement sur internet à chercher des solutions sur ton mal-être ou même en faisant une recherche du genre « comment marabouter son boss ?» Tu finiras par t’endormir avec des pensées négatives. Puis, tu te réveilleras sûrement avec un peu amertume, ce qui ne t’aidera pas à vouloir aller au travail. Pourtant, tu n’as pas pensé à faire la seule chose qui aurait pu t’aider. Une chose très accessible à faire : respirer et te relaxer.

C’est ce que je te répète, tu as des outils en toi qui peuvent te permette d’aller mieux mais tu ne les utilises pas. Tu aurais pu t’installer dans un endroit calme,  fermer les yeux et juste relaxer ton corps trop agité en respirant lentement. Je ne te parle pas de méditer mais juste de prendre un moment pour faire le calme dans ton esprit. Si ton boss est ainsi, c’est son problème et pas le tien sauf que son problème devient le tien à partir du moment où ça t’impacte. Durant mes longs voyages, j’ai des coups de mou car parfois je dois faire face à des difficultés et je ne peux compter que sur moi et moi seule pour aller bien. C’est une des plus grandes révélations durant mon voyage. Tu as tout en toi pour aller bien. Il faut juste que tu en prennes conscience et que tu refuses de laisser ton environnement extérieur t’impacter négativement.

La paix intérieure une fois acquise te permet d’être calme et serein même au milieu du chaos. Plus personne n’a le pouvoir de te faire perdre tes moyens.