Est-ce que tu as déjà ouvert les bras et tourné très vite, très vite sur toi-même ? C’est à ça que l’amour ressemble. Ça te fait battre le cœur, ça te change complètement le monde. Mais, si tu ne fais pas très attention, si tu ne gardes pas le regard sur un point fixe, tu perds vite l’équilibre. Et tu ne vois pas ce qui arrive à toutes les personnes autour de toi. Tu ne vois pas que tu vas tomber.

Extrait du film les Ensorceleuses.

J’ai longtemps été comme la majorité des femmes qui composent cette planète, à la recherche d’un homme capable de m’aimer réellement pour ce que je suis et non pas juste pour mon enveloppe extérieure ou pour ce que j’étais en mesure de faire et de donner pour accroître son propre bien-être. Juste une personne qui m’aimerait pour moi, avec mon passé, mon présent et mon futur. Un homme capable d’être honnête, vrai et de partager avec moi le meilleur de lui-même. Quelqu’un qui ne chercherait pas juste à combler le vide abyssal de son existence, son manque affectif ou son ennui en passant du temps avec moi. Le besoin d’amour est un de nos plus grands besoins et ne dit-on pas que sans amour la vie ne mérite pas d’être vécue ?

A la recherche du bonheur…

J’ai passé 20 ans de ma vie à chercher cet homme qui serait un compagnon de vie digne d’être sincèrement aimé, capable de me tirer vers le haut et de partager mon quotidien, m’encourager, me réconforter, me soutenir et me tenir la main quand le monde s’écroulerait autour de moi mais je ne l’ai jamais trouvé.

J’ai enchaîné les désillusions amoureuses, les chagrins d’amour et j’ai versé des océans de larmes. Après tous ces déboires j’étais arrivé à la conclusion qu’aucun homme ne pouvait m’aimer ici-bas. Je suis pourtant plutôt belle, bien faite et intelligente mais en matière d’amour, impossible de trouver cet homme capable de me dire sincèrement : Je t’aime.
Un beau jour suite à une douloureuse rupture, qui m’a fait perdre un ami et un amant, je me suis enfin regardé dans la glace et ce que j’ai vu m’a glacé le sang. J’ai réalisé que j’étais incapable de m’aimer. Et cet amour que je n’étais pas en mesure de me donner, je le cherchais désespérément à l’extérieur de moi-même. Je cherchais cet autre en mesure d’aimer cette femme que j’étais, une femme avec de nombreux défauts, des failles et des traumatismes car je ne savais pas comment me donner cet amour. Je ne voyais que laideur et faiblesses sous un masque d’artifice. Je ne voyais que ce que je n’étais pas. Je me détestais tellement que je me dégoûtais. Je n’avais aucune pitié pour moi-même. J’étais mon tyran, mon bourreau et je me guillotinais plusieurs fois par jour avec des phrases assassines : Tu n’es pas assez belle, tu n’es pas assez intelligente, regarde comme tu es faible… C’est normal que personne ne t’aime. Tu es un monstre. Tu ne vaux rien. Tu n’aurais même pas dû naître.

Pourquoi la vie m’a donné le plus beau des cadeaux?

Le meilleur cadeau que la vie pouvait me donner était de me refuser cet homme capable de m’aimer, capable de ne pas m’abandonner au pire moment de ma vie et qui m’aurait soutenu lorsque je traversais l’enfer. Un homme qui ne m’aurait pas abandonné au urgence alors que j’étais blessé un soir d’été pour rejoindre une autre femme. J’ai toujours eu une grande capacité à aimer les autres mais j’étais incapable de me donner cet amour, cette compassion que je donnais aux autres. A mes yeux je ne le méritais pas. J’avais tellement soif de cet amour, au point d’en devenir dépendante affective.

Lorsque j’étais enfant, j’avais noircit les pages de mon journal intime d’une croyance,  sans savoir qu’elle serait prophétique : Aucun homme ne m’aimera jamais. Au fil des années, après avoir fréquenté quelques hommes qui bien sûr ne m’ont jamais aimée, ma croyance enfantine s’est réalisée. Et en faisant le bilan de ma vie, j’ai douloureusement réalisé que je n’avais jamais été sincèrement aimé d’un homme au sens romantique du terme. De nombreux hommes ont été attirés par mon physique mais aucun par mon âme. J’étais la courtisane, l’amante, la Maryline qu’on gardait dans la chambre mais qu’on n’épousait jamais. J’étais celle avec qui on paradait mais qu’on oubliait au petit matin. Femme fatale et putain mais pas épouse. Pourtant, je ne rêvais que d’une chose c’était d’obtenir l’amour de mes amants, et qu’un seul d’entre eux me retienne dans ses bras au-delà des lueurs de l’aube. Étais-je maudite ? Une oublié de cupidon ?
Ne trouvant pas cet amour dont j’avais tant besoin, j’ai appris à y renoncer. Je n’étais peut-être pas le type de femme qu’on aime, mais seulement de celles dont-on se souvient toujours comme d’un bon vieux film divertissant. Aussi étrange que peut paraître mes propos, la vie m’a fait un grand cadeau en me refusant l’amour d’un homme.

J’ai enfin trouvé la personne que j’ai cherché toute ma vie.

Ce n’est pas le fait d’être aimé par quelqu’un qui guérit notre guerre civile intérieure, c’est d’être aimé par soi-même, de s’accepter, de la racine à la cime.

Placide Gaboury

Il y a maintenant presque deux ans, j’ai décidé d’entreprendre le voyage le plus intense qu’un être humain puisse vivre : Celui de la connaissance de soi et de l’amour de soi. Peut-être que cet homme que je cherchais sur toute la surface de la terre n’existait pas. Qu’allais-je donc faire ? Accepter ce trou béant dans ma poitrine?  Et renoncer à trouver ce grand amour?

J’ai compris qu’il n’y avait qu’une seule personne ici-bas capable de réellement m’aimer sous toutes les coutures, de connaître ma part d’ombre et de lumière, de l’accepter et d’être toujours là quoi qu’il arrive. Une seule personne était en mesure de me connaître sur le bout du doigt, savoir ce que je pensais chaque seconde de ma vie, ce que je ressentais à chaque moment de ma journée sans tout interpréter de travers. Une seule personne n’oublierait jamais que je suis incapable d’aller aux enterrements de ceux que j’ai aimés et ne m’en voudrait pas de ne pas faire cet effort au-dessus de mes forces, que je déteste les aux revoirs, que j’adore les pivoines, regarder les films d’adolescent, et que je donne des noms princiers à mes plantes. Une seule personne sur cette terre s’intéresserait réellement à moi au point de savoir que je m’en veux terriblement lorsque j’écrase un insecte, que je ne peux pas dormir si mon pyjama est dépareillé et que je ne supporte pas de dormir dans une chambre sans fenêtres. Une seule personne serait en mesure de comprendre que j’ai parfois peur de l’eau, que je ne supporte pas d’être sous terre et que tenir un mouchoir serré dans ma paume la nuit me rassure, sans se moquer de moi. Une seule personne ne me quitterait jamais jusqu’à la mort et bien au-delà. Cette personne que j’ai passée 30 ans de ma vie à rechercher sur tous les continents du monde, c’est tout simplement moi-même.

De la prise de conscience, à l’amour de soi.

Comment pouvais-je croire qu’un homme pouvait me connaître et m’aimer si je n’étais pas en mesure de le faire moi-même ? Mon âme occupait ce petit véhicule qu’on appelle le corps mais elle refusait de l’aimer. J’étais la seule en mesure de me sauver. Durant toutes ces années j’avais fait fausse route et je cherchais le grand amour dans la mauvaise direction. En réalité, le seul grand amour que je pouvais vraiment vivre éternellement et qui ne me décevrais jamais était celui que je vivrais avec moi-même. Je me devais d’apprendre à me soucier de moi-même, prendre soin de moi comme je prenais soin des autres, me rassurer comme je rassurais un enfant, veiller sur moi lorsque la maladie ou la mort rôdait autour de moi, me relever lorsque je tombais et trouver la lumière lorsque l’ombre s’emparait de moi. Peut-être qu’aucun homme ne prononcera jamais un sincère: Je t’aime. Et qu’il n’existe pas d’homme ici-bas en mesure de m’aimer pour toujours comme moi je pourrais aimer. Mais, à présent j’ai découvert le plus grand des trésors, celui qui m’a libéré et a rempli le trou béant dans ma poitrine : L’amour de soi.
La leçon a été très douloureuse, elle m’a terrassée de nombreuses fois, me tenant éveillé jusqu’au petit matin mais ce cadeau déguisé de la vie est inestimable. Il vaut bien plus cher que tout les joyaux des rois.

Nous venons au monde sans apprendre que la seule personne que nous devons aimer plus que tout au monde est nous-même, non pas d’un amour égoïste mais d’un amour inconditionnel. Nous nous sentons vides, tels des êtres inachevés et naïvement nous croyons qu’il existe un étranger à nous-mêmes qui sera en mesure de compléter notre être. Lorsqu’on découvre que l’amour que nous portons en nous est un puits d’abondance sans fond, nous pouvons le distribuer autour de nous. Cette source est intarissable et elle est si puissante, qu’elle soulève des montagnes. J’ai également appris qu’on aimait une personne pour ce qu’elle est et non pas pour ce qu’elle était en mesure de donner ou faire. Apprends à te donner cet amour que tu recherches tant à l’extérieur. C’est en t’aimant sincèrement d’un grand amour que tu accepteras de travailler sur toi-même, d’évoluer et de guérir ce qui s’est cassé en toi au fil des ans.

Et lorsque tu auras trouvé ce grand amour à l’intérieur de toi, tu comprendras que cette autre personne dont-tu tomberas amoureux n’est pas là pour te compléter mais pour t’accompagner dans le processus de vie. Elle n’est pas une nécessité dans ta vie, mais un plus. Vous serez deux êtres totalement distincts ayant des parcours de vie différents, qui souhaitent se réunir pour faire un bout de chemin ensemble. Dans cette union, il n’y aura pas de toujours, ni de à tout jamais puisque la seule personne qui t’accompagnera toujours jusqu’à la fin et quoiqu’il arrive dans ta vie, c’est TOI.