Voyager seule à travers le monde, c’est partir à la découverte du monde, mais aussi de soi. C’est découvrir des beaux paysages, des cultures et mode de vie différents, mais c’est surtout partir à la conquête de ton moi intérieur et découvrir réellement qui tu es.

« J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. »

Nelson Mandela

Durant mon voyage aux Philippines, j’ai attrapé la forme la plus sévère du choléra dans un petit village et j’ai bien failli en mourir. Par chance, j’ai été sauvé in extremis grâce à un ami en France qui a contacté le quai d’Orsay et l’ambassade de France à Manille pour me retrouver. Une expérience douloureuse, nécessaire pour me conduire au stade final du lâcher-prise. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, lorsque j’étais encore alité, une amie d’enfance m’annonce que sa mère qui est comme une seconde maman pour moi est malade d’un cancer du foie. Lorsque j’étais adolescente et que cela n’allait pas chez moi, je me réfugiais toujours chez elle et j’ai toujours été bien accueillie. Elle ne me posait jamais de question, et m’invitais à bras ouvert dans sa demeure qui est rapidement devenu ma seconde maison. J’en connaissais chaque recoin, et mêmes encore aujourd’hui je pourrais détaillés avec précision chaque objet, chaque pièce qui la compose.

Il est possible de trouver un sens à l’existence, même dans une situation désespérée,où il est impossible de changer son destin. L’important est alors de faire appel au potentiel le plus élevé de l’être humain celui de transformer une tragédie personnelle en victoire, une souffrance en une réalisation. Victor Frankl

Ma maladie courte, mais brutale, additionnée à la sienne qui sera un long combat, m’a amenée à réfléchir au prince d’impermanence et au côté éphémère des choses. Ainsi qu’à la difficulté pour de nombreuses personnes à lâcher prise dans les relations.

J’ai réalisé que chaque relation amicale, amoureuse ou familiale est amenée à prendre fin, non parce qu’elle serait forcément dysfonctionnelle, mais du moment où il y a un commencement, il y a forcément une fin. Il s’agit juste d’une question de temps. Cette fin peut revêtir plusieurs formes, comme l’éloignement physique, l’évolution personnelle de l’un des protagonistes et pas de l’autre, perte de sentiment, la maladie et la mort, etc.
Par exemple ce n’est pas les disputes, les mésententes qui provoquent la fin d’une relation amoureuse. Elle se termine juste parce qu’elle a commencé et les disputes ne sont qu’un élément déclencheur de cette fin déjà programmée.
Le principe bouddhiste d’impermanence veut que :

« Tout ce qui apparaît est voué à disparaître et tout change constamment. Et si nous nous attachons trop à ce que nous pensons être nous-mêmes, et que nous n’arrivons pas à lâcher prise, à laisser passer, c’est comme si nous nagions constamment à contre-courant. »

Ainsi, refuser d’accepter la fin d’une époque, d’une relation, d’un travail c’est aller contre la nature de la vie qui veut que les choses changent constamment. La beauté et la jeunesse font partie de cette logique. Personne n’a jamais échappé à la vieillesse ni à la mort, car c’est le processus naturel de la vie.
Alors pourquoi est-il si difficile de se détacher de ceux que l’on a aimés ? Tout simplement parce que l’on a peur du changement. Le changement entraine systématiquement une souffrance. Et cette souffrance nous fait peur, car notre perception du bonheur est erronée. Naïvement, on croit que le bonheur une fois acquis est éternel. Rien n’est plus faux. Le bonheur ne dure qu’un temps. L’état de bonheur rejoint le principe d’impermanence qui veut que tout ce qui apparaît est voué à disparaître.
Lorsqu’on commence une relation, quelle qu’elle soit (amoureuse, amicale, familiale, professionnelle, etc.), il faut dès le départ comprendre et accepter qu’elle se terminera tôt ou tard. Dans le meilleur scénario, la mort par vieillesse mettra fin à la relation.

Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement.

Bouddha

Tout comme le fait de vivre conduit inexorablement vers la fin de la vie, ce qui nous entoure change constamment. Chaque minute, chaque instant vécu nous rapproche de la fin. Le compte à rebours a commencé lorsque votre mère vous a mis au monde. Et pourtant, la peur du changement t’empêche de penser à cette fin. On préfère s’illusionner et croire que nous sommes immortels.

Ce manque de bon sens, laisse souvent la peur dicter nos actes et nous fait croire que l’on a quelque chose à perdre, nous empêchant ainsi de vraiment vivre et de tenter de réaliser nos rêves.

À présent, regarde autour de toi, pense à ceux qui t’entourent (Amis, conjoint, famille) et comprends réellement qu’ils ne sont là que pour un temps limité. Ne gâche pas ce temps précieux avec des disputes, de la rancœur ou des prises de tête inutiles. Lâche prise dans tes relations et accepte qu’elles aient une fin, car c’est la loi de la vie. Cette personne qui t’a déçue parce qu’elle n’a pas atteint tes attentes va mourir aussi. Est-ce que lui faire la tête indéfiniment va améliorer les choses entre vous? Est-ce que ça en vaut vraiment la peine?

Ta vie, elle-même est limitée. Combien d’années te reste-t-il a vivre? Nul ne le sait. Penses-tu que tu auras le temps de tout accomplir dans ta vie si tu oublies de vivre réellement et d’accomplir tes rêves et aspirations?

« Nous gaspillons notre vie. Dès l’heure de notre naissance, nous avançons vers la mort. Et nous passons pourtant le plus clair de notre existence à faire provision pêle-mêle de nourriture, de vêtements et d’amis. À l’heure de notre mort, il faudra laisser tout cela derrière nous. Ce voyage vers l’autre monde, nous devons le faire seuls, sans personne pour nous accompagner. »

Bouddha

Rappelle-toi que le compte à rebours a commencé le jour de ta naissance, et que ton temps précieux s’écoule à grande vitesse. Tu n’as rien à perdre, car tu es déjà condamné à mourir tôt ou tard, alors vis intensément. Vis maintenant ! Trouve le moyen de réaliser tes rêves, tes aspirations.