« La joie dépend de soi alors que le bonheur dépend des autres ».

Sadhguru, yogi et mystique indien

J’ai longtemps essayé de mettre ce précepte de sagesse en pratique : il est vrai que je peux faire l’expérience de la joie, pendant un bref instant, lorsque je suis complètement absorbée par quelque chose qui me passionne. Cependant, ces courts instants de joie ne restent jamais bien longtemps, et la confrontation avec le monde extérieur – une personne extérieure ou un élément du monde qui m’entoure – finit toujours par faire disparaitre la joie.

Comment peut-on soutenir ces moments de joie ? La réponse à cette question est la clé du vivre heureux. Mais pour comprendre cette réponse, il faut d’abord savoir distinguer ce qui fait la différence entre la joie et le bonheur.

Notre vie ne se passe jamais comme on le voudrait à 100 % car quelqu’un d’autre la contrôle

Pour commencer, il faut d’abord comprendre pourquoi nous avons l’impression que la vie ne se passe jamais comme on le voudrait à 100 %.

Prenons un exemple simple pour comprendre cela. Supposons que ton boss décide de te dire comment t’habiller pour venir au travail, ce que tu dois  manger le matin, l’heure à laquelle tu dois te lever, etc. La première chose que tu feras, c’est crier au scandale : on te prive de ta liberté, de ce qui fait de toi un être différent des autres, et de ce que tu peux – ou du moins penses pouvoir – contrôler dans ta vie. Tu penseras que ton boss te transforme en esclave.

Et ce sentiment n’est pas rare chez l’être humain : Tu auras toujours le sentiment d’être un esclave si quelqu’un d’autre détermine ce qui doit se produire autour de toi. Or, en ce moment même, quelqu’un est en train de déterminer ce qui se passe en toi: n’est-ce pas aussi de l’esclavage ? En effet, quelqu’un d’autre peut déterminer si tu es heureux ou malheureux, ou si tu es un humain plaisant ou désagréable. Ce qui se passe en toi, quelqu’un d’autre en a le contrôle : c’est cela la pire forme d’esclavage ! Et c’est pour cette raison que la vie ne se passera jamais à 100 % comme tu l’auras voulu, car quelqu’un d’autre contrôle ce qui se passe autour de toi ET en toi. Inconsciemment, tu donnes ce POUVOIR immense à ton entourage.

Distinguer ce qui est intérieur à toi et ce qui est extérieur à toi : la clé de la joie

Cela te semble normal : tout le monde est ainsi, diras-tu, alors c’est normal et on ne peut rien y faire. Tout au long de sa vie, c’est le même constat, voire de pire en pire : lorsque l’on est étudiant, 60 à 70 % de ce que l’on souhaite se produit. Quelques années plus tard : Tu es marié, tu as des enfants, et il ne reste plus que 30 à 40 % de ta vie qui se passe comme tu le souhaites. Quel que soit le stade de ta vie, la vie ne se passe jamais à 100 % comme on le voudrait, et cela ne se produira jamais à moins de vivre comme une machine (et une machine ne ressent pas de joie !) et même une machine peut rendre fou. Pourquoi ? Parce que ce qui est extérieur à toi ne se produira jamais de la manière dont tu le souhaiterais et tant mieux. Si ton amabilité par exemple dépend de ce qui est extérieur à toi, les chances pour toi d’être plaisant tout le temps sont nulles : telles que les choses sont faites, dans leur nature même, cela est impossible.

Impossible ? Pas totalement. Sais-tu que rien n’est impossible ? Dans ce cas précis, il est possible de faire fonctionner le monde comme tu le veux si tu crée une distance entre toi et les choses pour que ce ne soient plus elles qui te contrôlent mais toi qui les contrôlent.

Pour cela, apprends à distinguer ce qui est extérieur à toi à ce qui est intérieur à toi. Commençons par une simple constatation : lorsque quelque chose ne se déroule pas comme tu l’aurais souhaité, tu as pris l’habitude de regarder vers le ciel. Or, qui te dit que tu regardes bien en haut et non en bas ? La terre est ronde et ne cesse de tourner, et à moins d’être assis au pôle nord, il y a donc très peu de chances pour que tu regardes effectivement vers le haut. Tu regardes toujours dans la mauvaise direction. La frontière entre le haut et le bas est incertaine, les hommes l’ont créée ainsi car c’était plus commode et c’est tout. De même, la frontière entre le nord et le sud, l’est et l’ouest. La seule chose qui est certaine, c’est la frontière entre ce qui est intérieur et ce qui est extérieur à toi.

Or, si tu ne sais pas non plus distinguer l’intérieur de l’extérieur, tu peux l’apprendre ! Prenons un exemple : lorsque quelqu’un te parle, tu es persuadés que tu le vois en face de toi. Et pourtant, c’est à l’intérieur de toi que tu le vois, car le système optique de l’être humain est ainsi fait, lorsqu’on contemple une image de ce que l’on a en face de soi, en réalité elle est inversé et mis à l’endroit à l’intérieur de nous-même. En suivant ce raisonnement, il apparait que l’on voit en réalité le monde entier en nous-même, et que tout ce qui nous est toujours arrivé (la joie ou la misère, la lumière ou l’obscurité, la peine ou le plaisir) n’était pas comme on aurait pu le penser l’expérience de quelque chose à l’extérieur de nous-même, mais l’expérience de quelque chose en nous.

Tu es responsable de ce que tu ressens 

Ta perception du monde, et des évènements est ta propre responsabilité et tu peux agir dessus.

Exemple : Si au fond de toi, tu es en insécurité affective, en manque d’amour, tu ressentiras un vide en toi que tu tenteras de combler à l’extérieur de toi en devenant esclave des autres et de ce qu’ils veulent bien te donner. Comment être heureux en permanence si tu donnes les clés de ton bonheur à quelqu’un d’autre ? C’est impossible n’est-ce pas ?

De même, si ton bonheur dépend de la conjoncture économique, d’un lieu donné ou de ce que tu possèdes, comment peux-tu être heureux puisque tu es dans l’impossibilité d’avoir un pouvoir sur ces choses ?

Qui doit déterminer ce qui se passe en toi ? C’est toi! C’est donc toi qui dois déterminer ton entière expérience du monde. Les événements qui t’entourent ne peuvent être déterminés par toi, mais ton expérience de ces événements peut l’être à 100 % si tu le décides. Mais si tu laisses cela à l’abandon, quelqu’un d’autre le fera pour toi, et c’est là que tu seras un esclave des événements et des réactions des autres. Une fois que tu auras compris cela, tu pourras commencer à être heureux. C’est là, la clé de la joie permanente!

Tu dois apprendre à être heureux à l’intérieur de toi quelque soit les circonstances extérieures et même si celle-ci sont difficiles à vivre. Le jour ou ton bonheur intérieur ne dépendra pas des évènements extérieurs ou de ton entourage mais UNIQUEMENT de toi, tu expérimenteras l’état d’être heureux en permanence.

 

 

Texte librement inspiré des propos du maître yogi Sadhguru