Vous voulez partir à l’aventure pour vous redécouvrir et lâcher-prise ? C’est une très bonne idée. La preuve avec le témoignage de Charlotte, qui a fait le meilleur choix de sa vie en quittant son quotidien confortable pour s’écouter réellement. De quoi inspirer celles qui n’osent pas se lancer.

Charlotte a quitté la ville et le bureau pour la nature et la mer. Elle qui bossait dans la finance, se consacre aujourd’hui au kitesurf, et surtout à la découverte du monde… et d’elle-même. Après huit mois de voyage, elle nous raconte comment elle a appris à lâcher prise et a été transformée.

Hello, Charlotte, tu es où en ce moment ?

En République dominicaine où je fais du kite surf. Il me reste encore une semaine avant de rentrer en France, alors je profite à fond.

Waouh ! Cela fait combien de temps que tu voyages ?

J’ai commencé à “vraiment” voyager il y a 8 mois. A 31 ans, j’ai décidé de réaliser un rêve que j’avais depuis longtemps : voyager sans contrainte de temps, à travers plusieurs pays et plusieurs continents. Avant ça, je ne m’étais aventurée qu’en Europe, pour des week-ends, et c’était du tourisme très citadin, ou en all-inclusive. Rien à voir avec mon expérience d’aujourd’hui.

Quel a été ton déclic pour réaliser ce rêve ?

En fait, j’ai eu la chance de rencontrer une mauvaise situation professionnelle. Car ce rêve a toujours été là, au fond de moi, mais je pensais que pour moi, ma carrière était le plus important. J’étais un pur produit du système capitaliste. J’avais fait une prépa, était passé par une école de commerce puis avait intégré un grand cabinet de conseil dans la finance.

Mais quand je me suis rendu compte que je n’étais pas heureuse dans mon job, quand j’ai eu des incertitudes sur le monde dans lequel j’étais, je me suis dit : pourquoi ne pas aller voir ce qu’il y a ailleurs ?

J’ai tout laissé tomber, tout vendu, et je suis partie avec mes économies. En huit mois, je suis passée par l’ile Maurice et Rodrigue, Madagascar, le Brésil, la Colombie, et la République dominicaine. Dans une semaine…je repasse par la France.

Et cet ailleurs, comment as-tu su où c’était ?

Je ne me suis mis aucune pression, le mot d’ordre c’était la liberté. J’avais eu la chance de découvrir le kitesurf en décembre 2016. Le kitesurf, c’est la proximité avec la nature, c’est un sentiment de liberté. Tout le contraire de ce que je vivais au quotidien. Découvrir cette activité m’a aidé à réaliser que bosser en ville, ce n’était pas pour moi. Cela m’a aidé à trouver un fil conducteur à mon voyage. À travers ce sport, j’ai trouvé des communautés, j’ai partagé avec des locaux. Et au cours de mon voyage, j’ai même passé une certification pour être monitrice.

Alors, aujourd’hui c’est ton nouvel objectif : vivre du kitesurf ?

Paradoxalement, ce voyage m’a appris à me découvrir, à mieux me comprendre, à découvrir d’autres facettes de moi-même… mais aussi complexifier le tout. Le voyage ouvre tellement de portes ! Aujourd’hui, je ne peux pas définir un seul objectif de vie. Je ne veux plus me cantonner à un lieu, à un rôle. Alors, j’envisage de faire beaucoup de choses : peut-être enseigner le kitesurf, ou alors travailler dans le tourisme, ou encore rejoindre de nouveau un cabinet de conseils, mais à mi-temps pour pouvoir voyager la moitié de l’année. On m’a proposé d’intégrer en tant que responsable finance un hôtel de luxe dans les Caraïbes pour le premier juin. J’ai cette opportunité, j’ai encore un mois pour me fixer.

Tu as donc de nouvelles certitudes… mais aussi plein d’incertitudes. Ça ne te fait pas flipper ?

Non, pas du tout ! D’ailleurs, dès le début, je n’ai jamais eu peur. Ou plutôt, j’ai oublié mes peurs. Si je me suis lancée, c’est en partie grâce à un Ted Talk que j’ai vu dans lequel la nana demandait : si on vous enlevait toutes vos peurs, qu’est-ce que vous feriez ?

Je suis partie en voyage sans appréhension. Je me disais qu’au pire, je rentrerais tôt si ça ne fonctionnait pas, et que ce ne serait pas un problème. Et aujourd’hui, je continue à vivre sans avoir peur.

Depuis, je prends encore plus les choses comme elles viennent. En partant, j’avais quand même un côté maniaque de l’organisation. Mais le voyage m’a totalement transformée sur ce point. J’ai appris à dire : je ne sais pas pour combien de temps je suis là, je ne sais pas où je vais après. Et j’ai vu que ce n’était pas grave. C’était un vrai bonheur. Alors, maintenant, je vis au jour le jour, en faisant ce qui me rend heureuse, là maintenant.

Alors, tu conseilles quoi aux filles qui hésitent ? De se lancer ?

Oui ! Mais alors attention : le voyage n’est pas fait pour tout le monde. Moi, je le sentais réellement dans mes tripes depuis un bon moment. C’était un vieux rêve. J’avais vraiment envie de sortir de ma zone de confort. Surtout, réfléchissez aux raisons qui vous poussent à partir. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose si l’idée est de fuir ce qui ne va pas. Il faut que ce soit surtout dans l’objectif de trouver quelque chose que l’on cherche.

Ensuite, je conseillerais à chaque voyageuse de découvrir son propre mode de voyage : auberges de jeunesse, couchsurfing, hôtels, itinérance, séjours plus longs… Il y a autant de façon de voyager que de personnes qui voyagent, alors ne vous forcez à rien. Surtout, n’hésitez pas à échanger, à travers les blogs, les forums, les réseaux sociaux. Vous ne serez jamais seules.

A celles qui ont peur : vous serez surprises de la bienveillance que l’on peut rencontrer dans le monde. Les gens sont bons. Et on peut vivre merveilleusement bien avec peu. N’écoutez pas ceux qui vous transmettent leurs inquiétudes. Ce sont eux qui n’osent pas sortir de leur zone de confort et ça ne veut pas dire qu’ils ont raison !

 

Elles sont nombreuses, celles qui comme Charlotte ont sauté le pas. Pour certaines, cela a été facile, pour d’autres il a fallu affronter beaucoup d’obstacles. Il y a des femmes qui se décident du jour au lendemain, et d’autres qui y pensent pendant des années. Quelle que soit votre situation, vous n’êtes pas seule. Inspirez-vous du parcours des autres et à votre tour vous inspirerez les suivantes. Choisir son destin, c’est possible. Aie juste le courage de te lancer.